Test des 16 personnalités : comment identifier son type MBTI grâce aux fonctions cognitives ?

Passons aux choses sérieuses, développons cet aspect qui peut sembler plus compliqué à aborder et à comprendre dans le test MBTI : les fameuses fonctions cognitives, établies initialement par Jung.

Le Myers Briggs Type Indicator est le fameux test des 16 personnalités. Souvenez-vous, nous l’avons vu précédemment dans un premier article introductif, concentré sur les lettres et les questions qui en découlent. Maintenant, nous passons cette première étape en analysant les fonctions cognitives. Et promis, ce n’est pas SI compliqué que ça. Je vais essayer d’être claire et concise. Oui, entre moi et la concision, c’est une grande histoire d’amour (non).

Si le typage peut s’effectuer via les 4 lettres qui répondent chacune à 4 questions (ex : INFJ, l’avocat), il n’est qu’une simple introduction au MBTI, c’est la face émergée de l’iceberg. Une fois cette première étape passée et si vous souhaitez toujours approfondir le sujet pour mieux comprendre qui vous êtes, il est intéressant de vous tourner vers les fonctions cognitives.

Le test MBTI s’est en effet directement inspiré des 8 fonctions cognitives identifiées par Jung à l’époque. Parmi ces fonctions, on compte 4 fonctions extraverties et 4 fonctions introverties, 4 fonctions de prises d’informations (perception) et 4 fonctions de prises de décisions (jugement).

Comment introduire les fonctions pour chaque type de personnalité ?

Gardons à l’esprit que nous utilisons toutes les fonctions, mais que nous avons des préférences au regard de nos actions spontanées. Concrètement, en tant qu’INFP, je n’utilise que très peu Te qui est ma fonction inférieure, car ce n’est pas mon inclinaison naturelle, mais dans certains cas, cela semble indispensable pour ne pas avoir quelques soucis (administratifs par exemple). Il en va de même avec Se qui est une fonction très ancrée dans la réalité et qui relève des sens, de l’action présente. Sachant que je vis très peu dans l’instant présent, je vous laisse imaginer à quel point il m’est difficile de me rattacher à ce qui existe et aux actions qui s’inscrivent dans l’action à l’instant T. Pourtant, je dois bien admettre qu’il me serait très utile de me lancer dans une activité sportive pour environ un tas de raisons (ma santé mentale, notamment).

Bref, je vais arrêter de tergiverser comme à mon habitude et revenir au sujet principal de cet article, à savoir nos très chères fonctions.

Pour chaque type de personnalité, 4 fonctions sont à dégager.

1 – La fonction dominante.

Elle est notre fonction principale, notre inclinaison la plus naturelle et se développe dès l’enfance. Dans une voiture, c’est la place du conducteur. Pour résumer, la fonction dominante est le centre névralgique de votre stack. C’est ce qui va vous pousser en priorité à prendre vos décisions. C’est la fonction que l’on utiliserait spontanément si nous pouvions être totalement nous-mêmes à chaque instant de notre vie.

Ex : la fonction dominante de l’ENFJ est le sentiment extraverti (Fe). Cela signifie que l’ENFJ sera en priorité sensible à son environnement, privilégiant l’harmonie sociale. Cette problématique se situera au centre de ses préoccupations et de ses objectifs de réussite, d’épanouissement.

Dans mon cas, en tant qu’INFP, ma fonction dominante est Fi. Cela signifie que mon système de valeurs interne prime avant tout. On parlera de Fi (et de tout le reste) un peu plus tard, si vous le voulez bien.

Ma voiture d’illustration sur le chemin de la vie.

2 – La fonction auxiliaire.

Cette fonction accompagne la fonction dominante, elle l’équilibre, lui apporte de la consistance. Elle est la place du passager dans une voiture. Elle se développe généralement vers l’adolescence, l’âge de la découverte de soi. La fonction dominante et auxiliaire avancent donc main dans la main sur le chemin de la vie. C’est trop beau ce que j’écris.

Pour conclure, ces deux premières fonctions sont les plus importantes et forgent significativement notre personnalité.

Les deux autres fonctions correspondent aux parties les moins développées de notre personnalité. Elles peuvent se révéler plus tardivement, voire pas du tout en fonction de notre parcours de vie. Tout dépend de notre évolution, de nos priorités, de nos rencontres, de notre éducation, ce qui nous influence… Chaque vie est unique, après tout.

3 – La fonction tertiaire.

Il s’agit d’une fonction moins évidente, moins consciente, qui peut apparaître au milieu de notre vie si notre évolution suit une certaine « logique ». C’est l’ado sur la banquette arrière. Avec la fonction tertiaire, on sort de sa zone de confort. Elle ne va pas toujours de soi et nécessite de l’énergie pour être utilisée efficacement.

4 – La fonction inférieure.

Elle est l’enfant en bas âge sur la banquette arrière de la voiture. La fonction inférieure correspond à ce que nous maîtrisons le moins bien, ce qui semble être le moins naturel pour nous. Il s’agit de ces compétences que nous ignorons ou à l’inverse, que nous aimerions trop maîtriser. C’est là que se trouvent ce que nous considérons comme nos défauts. Cette fonction incarne nos difficultés. Elle peut s’activer lors de la moitié de notre vie si on travaille un peu dessus. Cela peut être réellement utile et nous aider à découvrir une toute nouvelle facette de nous-même.

Ma fonction Te mal développée en train de pleurer (encore)

Bon et du coup ces fonctions, ça donne quoi concrètement ?

J’y viens, j’y viens… On va diviser la présentation des fonctions en deux : les fonctions de perception (collecte de données) et les fonctions de jugement (traitement des données). Il est important de noter que si votre fonction dominante est une fonction de perception, votre fonction auxiliaire sera une fonction de jugement pour contrebalancer, et inversement.

Les fonctions de perception (ou collecte de données).

Se (Sensation Extravertie) :

Les personnes qui ont Se comme fonction dominante s’intéressent aux objets et aux sensations tangibles à l’instant T. Elles se fient surtout à leurs cinq sens et recherchent des expériences sensitives nouvelles et concrètes. C’est la fonction la plus ancrée dans le monde réel.

  • Les ESTP ont Se pour fonction dominante, ils ont plus de chances de se tourner vers des activités qui suggèrent une expérience dans l’instant (les sports extrêmes, par exemple…).
  • À l’inverse, les INFJ ont Se pour fonction inférieure : ils sont très connectés à leur monde abstrait et moins au monde réel. Se sera moins évidente à développer pour ce type, donc. Si développée, se raccrocher à l’instant présent permettrait aux INFJ de se détacher au moins un peu de leur tendance naturelle (et parfois si douloureuse) à l’overthinking.
Devinez qui utilise bien sa fonction Se ? Le sport, ça fait des muscles.

Si (Sensation Introvertie) :

Cette fonction ne s’attache pas aux sensations directes comme sa cousine extravertie mais plutôt à ce que ces sensations provoquent en elle, les émotions qui peuvent en découler. Elle se tournera donc le plus souvent vers le passé pour effectuer ses actions présentes et trouver un écho à partir d’expériences vécues.

  • Les ISFJ ont Si comme fonction dominante. Ils savent anticiper à partir d’instants vécus, cela fait d’eux des partenaires fiables dotés d’une excellente mémoire sur un long terme.
  • Les ENTP ont Si comme fonction inférieure, elle ne se manifeste donc qu’à de rares moments si peu développée et leur confère une attitude fermée aux traditions, peu naturellement ouverte à une forme de structure. Pourtant, si développée, la mise en place d’une routine quotidienne plus encadrée permettrait aux ENTP de réaliser leurs nombreux objectifs ambitieux.
Ici un chat avec un Si développé qui respire l’odeur de cette fleur : ça lui rappelle ses vacances en Ardèche.

Ne (Intuition Extravertie) :

L’intuition extravertie n’est jamais rassasiée d’informations. Elle capte tout ce qui l’entoure afin d’explorer de nouvelles possibilités qui peuvent s’offrir à elle. Ne est inlassablement orientée vers le futur et le monde des idées. Elle prend l’info pour en faire quelque chose de neuf depuis son monde intérieur et a sans cesse besoin de renouveau.

Mon Ne en fonction auxiliaire s’est beaucoup affolée dans ma vie et ce depuis très tôt. C’est aussi merveilleux que difficile à canaliser, car la fatigue qui en résulte est énorme, et je ne vous parle pas des nombreuses dispersions…

  • Les ENFP ont Ne pour fonction dominante, ce qui en fait des personnalités très curieuses de tout, à l’affut de la bonne idée pour élargir leur champ des possibles dans leur monde interne. C’est ce qui en fait des créatures très expressives dotées d’un enthousiasme intellectuel très développé. Mais attention, il faut s’accrocher pour qu’ils ne changent pas trois fois de sujet dans une seule et même phrase.
  • Les ISTJ ont Ne en fonction inférieure. Cela peut s’expliquer par leur droiture et leur goût pour les choses concrètes. Les ISTJ se fixent des objectifs très clairs et y vont par étapes. Concentrés, ils ne peuvent s’imaginer en griller une dans le lot. On ne se dissipe pas, chaque chose vient en temps voulu, l’important est d’être rigoureux. Pourtant, en développant cette fonction, les ISTJ s’exposeraient à de belles surprises. Il y a du bon dans ce que l’on ne connaît pas, parfois !
Une personne avec Ne développé qui essaie de vous expliquer sa 78e idée lumineuse apparue toute à l’heure sous la douche « par accident ». Accrochez-vous.

Ni (Intuition Introvertie) :

Sans doute la fonction la plus complexe à comprendre, car il s’agit en fait de la plus abstraite. Les personnes qui ont Ni en fonction dominante savent capter les informations intangibles pour entrevoir des possibilités futures, comme des flashs, des prémonitions, des intuitions symboliques souvent inexplicables avec de simples mots.

  • Les INTJ et les INFJ ont Ni pour fonction dominante. Ils auront souvent tendance à ne pas « sentir » une situation ou une personne pour des raisons qu’ils ne parviennent pas à expliquer concrètement.
  • Les ESFP quant à eux ont Ni comme fonction inférieure. Cela signifie concrètement que ce type peut parfois manquer d’anticipation naturelle ou d’esprit critique quant à une situation donnée. Les ESFP n’entrevoient pas l’avenir, ils sont bien trop ancrés dans le présent pour y songer une seule seconde et faire les connexions nécessaires. Pourtant, préparer l’avenir et un plan sur un long terme pourrait aider les ESFP à forger leurs armes et se préparer à d’éventuels impacts de la vie.
Personne ayant un Ni développé qui essaie d’analyser un énième flash lui indiquant qu’il ne faut pas se fier aux apparences.

Les fonctions de jugement (ou traitement des données).

Fe (Sentiment extraverti) :

Avec Fe pour fonction dominante, les relations se situent au premier plan. L’harmonie sociale est essentielle pour l’épanouissement personnel, les amitiés, appels et visites sont nombreux, les bons sentiments également. La personne privilégie les interactions et fait en sorte d’être aimée par le plus grand nombre (quitte parfois à ne pas écouter son vrai self).

  • Les ENFJ ont Fe pour fonction dominante. Cela signifie qu’ils veillent à ce que leur cercle amical soit élargi et harmonieux. Ils ressentent plus que jamais le besoin de se sentir exister socialement et sont l’esprit de la soirée.
  • Les INTP ont Fe pour fonction inférieure, ce qui explique pourquoi ils peuvent parfois se sentir autant en décalage avec les autres. Les codes, les conventions, les choses qui se font leur sont étrangères et ils ressentent beaucoup de difficultés à s’y conformer et à jouer le jeu. Or, le développement de cette fonction peut leur apporter de nombreuses et heureuses surprises qui nourriraient leur intellect.
Les Fe qui trinquent à chaque nouveau contact rentré dans leur répertoire. « La réussite, c’est avant tout grâce au pouvoir des rencontres » m’a un jour dit une ENFJ.

Fi (Sentiment Introverti) :

Cette fonction s’attache aux émotions, aux images, aux révolutions intérieures. Fi renvoie aux valeurs personnelles bien ancrées. Les actions doivent comporter un sens, rien n’est dû au hasard, et ce sens vient de nos convictions intérieures. Une personne qui a Fi pour fonction dominante a besoin d’agir en accord avec ses valeurs les plus profondes.

Les INFP ont Fi comme fonction dominante. Réservés concernant leurs émotions, leur monde intérieur est pourtant très riche. Gare à vous si vous ne respectez pas ses valeurs, car l’INFP peut dans ce cas perdre son calme légendaire et vous rentrer dedans… D’ailleurs, toutes leurs actions s’articulent autour de ce qui fait sens pour eux.

Les ENTJ possèdent Fi en fonction inférieure. Cela veut dire que ce type a des difficultés pour ce qui est de considérer l’aspect émotionnel dans la prise de décisions, car cela ne ferait pas le poids face à des motifs plus logiques et justes. Or, si la fonction est développée, les ENTJ peuvent se rendre compte que l’émotion et les valeurs sont parfois ce qui rassemble.

Une personne avec un Fi développé qui fait la morale à un chat qui ne mange pas ses brocolis. Ses valeurs vis-à-vis du légume sont bafouées. Le chat va trinquer.

Te (Pensée extravertie) :

C’est la fonction de la logique et de la méthode par excellence ! Avec Te, on observe et on fabrique notre plan en fonction des résultats concrets qui découlent de notre observation. Avec Te, on ne se précipite pas en sautant des étapes, il y a forcément une solution au problème. Les personnes qui utilisent Te en dominante sont rigoureuses et déterminées à agir dans les temps, quand il faut pour être utile, pertinent, efficace.

  • Les ESTJ ont Te pour fonction dominante. Très ancrés dans la réalité et le présent, ils réfléchissent à des actions concrètes qui peuvent efficacement et rapidement régler une problématique précise. Les ESTJ sont avant tout des personnes pragmatiques.
  • Les INFP ont Te comme fonction inférieure. Agir au cœur de l’action ne va pas de soi pour les INFP qui sont heureux de faire évoluer leurs monde faits de valeurs, idées, de concepts abstraits à l’intérieur d’eux. Au lieu de faire évoluer un projet avec des mesures concrètes, l’INFP y songera, rêvera éventuellement qu’il l’accomplit et s’enfermera dans sa très chère (et handicapante) procrastination. Le plus dur est de s’y mettre, de commencer, et il n’est jamais trop tard pour développer cette fonction.
Une personne avec Te en dominante qui met une application une énième idée qui lui est venue à la pause dej.

Ti (Pensée Introvertie) :

Là où Te s’approprie un savoir pour l’appliquer utilement dans le monde réel, Ti accumule ce même savoir pour le ranger dans sa « bibliothèque intérieure« . Une pleine utilisation de Ti rend possible la constitution d’un monde intérieur fait d’idées logiques, cohérentes et parfois brillantes si conceptualisées comme il faut (avec l’aide d’une personne qui utilise bien Te, peut-être ?)

Les INTP ont Ti pour fonction dominante. Cela signifie qu’ils ressentent un besoin irrépressible de nourrir leur monde intérieur en accumulant les connaissances, les savoirs qui correspondent à une certaine logique qui leur est propre.

Les ESFJ ont Ti pour fonction inférieure. C’est ce qui rend si difficile pour eux la rationalisation, l’énoncé de jugements objectifs. Dominés par l’émotion et le besoin d’harmonie sociale (Fe en fonction dominante), les ESFJ auront du mal à faire des choix de raison… Pourtant, cela peut parfois leur éviter de donner de l’énergie à des personnes qui ne méritent pas cette peine.

Armée de Ti dom qui essaie de vous expliquer une idée qui leur est venue à la pause dej (sans succès, c’est trop compliqué)