« T’es trop bizarre ! » Pourquoi ta bizarrerie est aussi (et surtout) ta force ?

Souvent qualifiée de bizarre parce que je ne rentrais pas dans les cases, j’ai dû m’y faire et encaisser en silence. Peut-être que toi aussi. Et si aujourd’hui, il n’était plus question d’encaisser mais d’épouser cette partie unique de toi-même ? Et si la bizarrerie était en fait une qualité et ce qui peut t’aider à te démarquer ?

Breaking news : je suis bizarre pour le commun des mortels

On t’a déjà qualifié.e de bizarre à cause de ton introversion ? Ne t’en fais pas, c’est mon cas aussi. J’ai toujours été la weirdo de service pour les autres. Ça me blessait d’être cataloguée de bizarre. C’était l’insulte ultime sortie de nulle part de la bouche des autres, alors que j’essayais désespérément de me faire une place. J’étais blessée sans réellement connaître la définition du terme. Il faut dire que celui-ci a toujours été adressé à mon égard de façon hostile : c’était pour me coller une étiquette de force, car je ne ne rentrais pas dans les cases. Elle ne parle pas. Elle a dit un truc gênant. Elle est réservée. Elle est dans la lune ? Bizarre, bizarre, bizarre et encore bizarre. Alors j’essayais… d’arrêter d’être « bizarre ». Sans succès, bien entendu, tu t’imagines bien que ça ne fonctionne pas tout à fait comme ça.

Mais du coup… ça veut dire quoi « être bizarre » ?

Si j’ouvre mon Larousse, les choses paraissent plus claires, mais sans l’être vraiment. Être bizarre, c’est donc « s’écarter de l’usage commun, surprendre par son étrangeté« , être « insolite« . S’écarter « du bon sens« , « dont le comportement est anormal« .

Donc si je résume un peu… être bizarre, c’est sortir de l’ordinaire, ne pas correspondre à un moule défini par la société, être différent.e, susciter la surprise ! La bizarrerie s’oppose dans un sens à la normalité, ce que l’on voit tous les jours, ce que l’on connaît, ce qui est habituel. Être bizarre, c’est peut-être aussi susciter l’interrogation : le mot est employé par celles et ceux qui ne comprennent pas ou ne souhaitent pas comprendre l’inconnu, la nouveauté. Et c’est dommage, à mon sens.

Pourquoi c’est ok d’être « bizarre » ?

1 – La normalité est une notion relative.

La normalité renvoie à ce qui est connu, compris, intégré et accepté par la société. Elle relève de ce qui est conventionnel. On la présente souvent comme une vérité générale. Or, la normalité varie en fonction des sociétés. Il s’agit donc d’une notion subjective. Tout le monde peut être la personne bizarre de quelqu’un. Ce qui nous est inconnu nous est bizarre. Donc inutile de contorsionner ton esprit pour correspondre à une norme : personne n’est véritablement normal.e ! Rester toi-même est la meilleure chose que tu puisses faire et ne pas te mentir à toi-même est la meilleure façon de t’épanouir ! Tu ne serais pas heureux.se longtemps si tu devais porter un masque qui ne te ressemble pas tous les jours…

2 – Ton excentricité est ta force.

Dans ce monde où la plupart des choses quotidiennes ne surprennent pas, découvrir une personne qui sort de ce cadre bien défini laisse toujours une impression particulière et suscite une certaine fascination. Tu as ton propre univers, tes propres questionnements, et tout cela est unique. Tu ne devrais jamais avoir honte de ce grain de fantaisie, d’originalité qui t’incarne, parce qu’elle dénote avec le reste du paysage, et découvrir un petit point qui brille à l’horizon me donne envie de sortir mes jumelles pour en savoir plus. Tu es la preuve que chaque humain.e est différent.e et que la vie vaut la peine d’être vécue, rien qu’en rencontrant des personnes telles que toi, si particulières. Tu es un cadeau surprise !

3 – Les plus belles idées de ce monde viennent des esprits les plus complexes.

Contrairement à ce que l’on pense, ce ne sont pas les personnes les plus conventionnelles qui marquent toujours le monde. Si tu fais l’inventaire de tes artistes préféré.e.s ou des personnalités publiques que tu admires le plus, tu découvriras que chacune d’entre elles est arrivée avec une idée complexe, une inspiration hors du commun qui l’a poussée à créer ce qu’elle a réussi à créer. Quand Thom Yorke chante ‘I’m a creep, I’m a weirdo‘ (‘je suis un pauvre type, je suis chelou’), je vois surtout un artiste qui me partage une partie de ce qu’il est, qui me transmet assez d’émotions différentes pour attirer mon attention, pour m’interroger et je vois surtout… un mec incroyablement cool (Moi fan ? À peine).

4 – Ta ‘bizarrerie’ t’aide à t’affirmer et à créer de belles choses à ton tour.

Comme je le disais tout à l’heure, il est parfaitement inutile de réprimer la personne que tu es. Tes idées, aussi farfelues soit-elles, ton énergie, ta théâtralité, ton tempérament hors du commun, tout cela peut t’aider à faire sortir de toi tes plus belles idées et repousser les limites de ton imagination. Si tu te décides de sortir enfin tout ces choses-là de toi, tu pourrais être très surpris.e, et tu ne te rends peut-être même pas compte de l’impact que ces créations venues de ta tête auraient sur les autres. Ton originalité peut apporter une réelle plus-value à ce monde, il est dommage de la garder pour toi… Alors n’hésite pas quand tu es prêt.e, il y aura toujours des personnes qui sauront apprécier ta valeur.

5 – Tu ne peux pas faire grand chose contre l’ignorance…

C’est regrettable, mais pour beaucoup de monde, ce qui n’est pas connu ni compris, ce qui implique une part de mystère est forcément mauvais et par conséquent rejeté. Les personnes qui te jugent ne savent la plupart du temps pas qui tu es et n’ont pas pris le temps d’essayer de plonger dans ton univers. Elles sont comme ces enfants à qui on sert des légumes et qui s’exclament « j’aime pas ! » avant d’avoir goûté quoi que ce soit. Elles se sont créé une image de toi qui est loin de la réalité. Les personnes qui auront l’ouverture d’esprit d’aller un peu plus loin que les apparences sauront qui tu es vraiment. Pour le reste, tu n’y peux rien : c’est aux autres d’essayer d’élargir leurs propres limites… ou pas.

6 – Qui ne s’est pas un jour senti.e bizarre ?

Toute idée révolutionnaire, toute forme de renouveau a toujours au départ été mal accueillie avant d’être assimilée et (enfin) comprise par la société d’une certaine manière. C’est pour cette raison que la notion de « modernité » a sans cesse été mal perçue, suscitant une vive forme d’hostilité chez les générations qui ont pu les précéder. Nous avons tou.te.s été un jour l’inconnu.e, l’outsider, la nouvelle personne du groupe, scrutée avec une certaine crainte ou une certaine appréhension. La bizarrerie, c’est lorsque l’autre n’a pas encore toutes les clés de compréhension nécessaires pour te saisir réellement. Tout le monde s’est plus ou moins un jour senti « de trop » dans un groupe.

7 – Ta complexité comme moyen de te connecter à d’autres univers ?

Et puis, last but not least, je pense que ton originalité, ton côté extraordinaire est aussi un excellent moyen de te connecter à d’autres univers, peut-être totalement différents du tien, mais différents quand même. Et tu sais quoi ? L’alliance de plusieurs univers qui n’ont rien à voir, c’est l’assurance de créer ensemble un super univers hybride fait de plein d’idées merveilleuses, novatrices et ça, c’est quelque chose qui vaut le coup et la peine d’être vécu. Car n’oublie pas : ton excentricité marquera les esprits et intriguera celles et ceux qui sauront reconnaître qu’elle vaut de l’or et qu’elle mérite d’être entendue et comprise.